Roc in Lichen · 1988

Rosaniline

Pièce pour sept danseurs · 1 heure

Rosaniline, vertiges hallucinatoires…

Calenture, s.f., du latin et de l’espagnol « calentura », qui signifie fièvre. Ce délire frénétique frappe spontanément les marins dans les voyages au long cours, à destination des tropiques, lorsque l’intensité permanente des chaleurs est renforcée par la diminution des vents.

L’invasion nocturne de la calentura s’abat brusquement sur le navire endormi. À son réveil, l’homme privé soudainement de raison, le regard étincelant, les gestes prolixes et diffus, court sur le pont du vaisseau.

Victime d’hallucinations merveilleuses, il entrevoit au milieu des ondes, des arbres, des forêts, des prairies émaillées de fleurs. L’illusion le réjouit et l’attire. Et dans son désir de se fondre dans ces images idylliques, l’homme exalté se jette à la mer…

Presse
Au-dessus de cette colonie de robinsons égarés sur un îlot, abrités dans une baraque croulante construite par le facteur Cheval, le temps se détraque… Du désespoir mis à plat par le renversement du sens optique, Roc in Lichen tire des effets fulgurants d’inventions, de technique et de plastique… La rupture des rythmes qu’autorise la verticalité fait passer les danseurs de la reptation à la menace de chute… Et le temps se balance, indécis, comme si ces « épaves » de la vie n’auront plus jamais rien d’autre à faire que d’étonner pour exister…

Roger Balavoine, Paris Normandie, juillet 1988

ChorégraphieLaura de Nercy · Bruno Dizien FormatPièce pour sept danseurs Durée1 heure