Compagnie Roc in Lichen · 1986 – 2001

Corps multipliés, superposés, décalqués, isolés, détournés. Positionnement d’habitude retrouvée dans une 3e dimension maîtrisée. Grimaçants ou sereins regardez-les traversés d’un énergie verticale et certaine. Décalage, bascule, mutation du réel par l’imaginé passage de l’invisible à la transparence. Regards, puissances sensibles, lumières mobiles, ils glissent, se penchent, se redressent et chavirent… jusqu’au noir. Complices ils pénètrent, transpirent, frôlent et rythment l’imprévisible vital.

Les chorégraphes
Laura de Nercy

Laura de Nercy

Chorégraphe · Danseuse · Pédagogue

Fondatrice et co-directrice de Roc in Lichen, Laura de Nercy mène avec Bruno Dizien dix-sept ans de recherche chorégraphique autour du support vertical. Après la dissolution de la compagnie en 2001, elle poursuit son travail de création sous le nom Youyou Production, tout en développant une pratique du qi gong qu’elle enseigne dans les domaines de l’art vivant — danse, cirque, théâtre, chant — ainsi qu’à tous publics.

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Bruno Dizien

Bruno Dizien

Chorégraphe · Danseur · Ostéopathe

Co-fondateur de Roc in Lichen, Bruno Dizien est également grimpeur, kinésithérapeute et ostéopathe. Après 2001, il poursuit sa création sous la structure K.NO.PE. Il s’installe en forêt de Fontainebleau en 2004 — première origine de Roc in Lichen — où il continue d’explorer la relation entre corps, verticalité et milieu naturel, notamment avec des artistes de cirque en résidence.

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Roc in Lichen en quatre périodes
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Préambule

La compagnie Roc in Lichen dirigée par Laura de Nercy et Bruno Dizien a existé de 1986 à 2001. Dès le début des années 1980, tous deux danseurs contemporains de formations diverses, ils s’ouvrent à la dimension verticale.

Pour « Tous en Seine », manifeste d’Odile Azagury sur les berges de la Seine (3 éditions 1983–1984–1985), ils choisissent le pilier du pont Bir Hakeim, un à-pic de 10 mètres, comme lieu d’investigation chorégraphique. Les trois performances proposées seront le point de départ d’un véritable appétit pour l’expérimentation de ce nouvel espace qui les propulsera dans l’univers de l’escalade.

Loin des studios étouffants de Paris, ils partent pour de longues journées en forêt de Fontainebleau, lieu de prédilection vite incontournable et premier laboratoire de la recherche verticale — 1984 à 1986 : découverte, exploration, recherche sur les rochers de Fontainebleau et d'autres lieux d’escalade (Saussois, Surgy, Saffres, Rocher Sainte Catherine, falaises de Buoux, falaises de Cavaillon, Buis-les-Baronnies, les gorges du Verdon, le Toit d’Auguste).

En 1986 : création de la compagnie Roc in Lichen, association loi 1901, qui abritera dix-sept années de co-élaborations créatrices.

Tous en Seine, 1983 — Ph. Pierre Fabris

Tous en Seine, 1983 · Ph. Pierre Fabris

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Un grand mur qui (sup)porte la poussée créatrice

1986 – 1989

La compagnie prend son envol avec Le Creux poplité, première création verticale aux Hivernales d’Avignon en février 1987. Durant cette période intense et très physique, les deux chorégraphes mettent en place une préparation corporelle exigeante, socle et identité de la compagnie, qu’un grand nombre de danseurs, grimpeurs et circassiens éprouvera tout au long de la vie de la compagnie.

Le Creux Poplité (1987) · Rosaniline (1988) · Graduations (1988) · Grenadier Weaver (1989)
Performance : Dimanche à Ouzbad (1988)

Le Creux Poplité, 1987 Rosaniline, 1988 © Pierre Fabris Graduations, 1988 © Tristan Valès / Enguerand Grenadier Weaver, 1989 © Nicolas Pfeiffer

Le Creux Poplité 1987 · Rosaniline 1988 © Pierre Fabris · Graduations 1988 © Tristan Valès / Enguerand · Grenadier Weaver, 1989 © Nicolas Pfeiffer

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Le mur et son empreinte — mémoire des appuis

1991 – 1995

La curiosité se déplace dans cet « entre » horizontale et verticale, un nouvel espace à habiter. Durant ces années d’exploration du support, des traces, couches et mémoires se déposent dans les corps. La verticale cesse d’exister sous sa forme démonstrative et spectaculaire. Commence un temps de transposition vers une écriture chorégraphique hors du support où le corps porte en lui l’empreinte d’une dimension exigeante et subtile.

Les Honneurs du Pied (1991) · Pigeons à la tombée d’échalote (1992) · Peau de squale (1993) · Saint Kilda (1994)

Les Honneurs du Pied, 1993 © Pierre Fabris Pigeons à la tombée d'échalotes, Expo Séville 1992 © Roc in Lichen Peau de squale, 1993 © Catherine Duteriez Saint Kilda, 1994  © René Sultra

Les Honneurs du Pied © Pierre Fabris · Pigeons à la tombée d'échalotes, Expo Séville 1992 © Roc in Lichen · Peau de squale © Catherine Duteriez · Saint Kilda, 1994 © René Sultra

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Ramification dichotomique

1996 – 2001

Les deux chorégraphes creusent personnellement les désirs artistiques plus intimes qui les animent. Cette période est pontuée par la création de Prime Abord, pôle d’échanges et de recherches artistiques en trois éditions (1996, 1998, 2001), réunissant des chorégraphes entre eux pour une période de travail dans un espace d’échange sur l’acte artistique hors des circuits de production.

Un peu perdu sur l’éléphant (1996, L. de Nercy) · Le Jardin des merveilles (1997, B. Dizien)
Fou ? (1998, B. Dizien) · … pâlir le fakir (1999, L. de Nercy)
J’ai un dragon dans l’oreille (1999, B. Dizien) · Pile entre mes os (2000, L. de Nercy)
Psylle (2001, L. de Nercy & B. Dizien)

Un peu perdu sur l'éléphant © Laurent Philippe Fou?, 1998 © Alain Hatat Pâlir le fakir, 1999 © Corine Agont J'ai un dragon dans l'oreille © Dery Fazio

Un peu perdu sur l'éléphant © Laurent Philippe · Fou? 1998 © Alain Hatat · Pâlir le fakir 1999 © Corine Agont · J'ai un dragon dans l'oreille © Dery Fazio

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Seuil

2001

Au bout de ces dix-sept années de création riches et complexes, les chorégraphes éprouvent le besoin de prendre du recul. Après une réflexion en profondeur, la décision est prise : Roc in Lichen a vécu son temps. Pour clôturer ce segment de vie si intense, ils créent ensemble Psylle, Architexture du Bonheur dont le titre porte l’état d’esprit et la lucidité de cette décision.

Laura embarque sur Youyou Production et Bruno amerrit sur la K.NO.PE. Ces deux structures accueillent leur désir de création, toujours présent.

Psylle, architexture du bonheur © Vincent Bosc Psylle, architexture du bonheur © Vincent Bosc Psylle, architexture du bonheur © Vincent Bosc Psylle, architexture du bonheur © Vincent Bosc

Psylle, architexture du bonheur © Vincent Bosc